Historique du Centre Assaut sexuel secours inc.

Les tout débuts…

Depuis toujours, les femmes et les enfants subissent de la violence et c'est durant les années 70 que les féministes ont commencé à dénoncer ces abus, en unissant leur force pour trouver ensemble des solutions aux problèmes les plus criants. C’est ainsi que vont s’implanter des ressources pour femmes telles : les Maisons d’hébergement, les Centres de femmes et, notamment, les Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS).

  

À Val-d’Or, en 1983, le besoin d’un centre pour venir en aide aux femmes agressées sexuellement a d’abord été ressenti par les travailleuses de la maison d’hébergement Le Nid.  Elles constatent que les femmes agressées sexuellement ont des besoins différents que celles subissant de la violence conjugale. Par la suite, c'est l'organisme féministe La Cause d'Elle qui se penche sur la question, en marrainant un projet étudiant, la pertinence et la faisabilité de mettre en place des services en matière d'agressions sexuelles.

L’étape suivante a été la formation d’un comité d’implantation, qui travailla plusieurs mois sur le dossier d’ouverture d’un centre d’aide pour personnes agressées sexuellement. 

  

C'est en février 1986 que le Centre fait le grand saut et offre ses services d’aide directe à la collectivité. Les services offerts et développés sont: l’écoute téléphonique, vingt-quatre (24) heures et sept (7) jours semaine, l’accompagnement et le soutien dans les démarches judiciaires ou médicales, les rencontres individuelles et, quelques années plus tard, le suivi collectif (groupe de soutien). À cela s’ajoute la prévention, l'éducation et la lutte sociale.

Le centre Assaut sexuel secours inc. est autonome, en ce sens qu’il définit lui-même ses politiques, ses orientations et le choix de ses interventions. C’est également en 1986 que le Centre adhère au Regroupement québécois des CALACS pour bénéficier de la force, de la solidarité et du réseau de contacts.

  

Après deux années d'opération, les besoins en suivis individuels étaient suffisamment nombreux pour alimenter les groupes de soutien, mis sur pied expressément pour combler les demandes des femmes.

 

Depuis les débuts...

Depuis son implantation dans le milieu valdorien, le Centre constate que les activités de prévention et de sensibilisation réalisées dans la communauté ont fait leur œuvre. Les femmes comprennent mieux le contexte social de l’agression sexuelle et par voie de conséquence, tolèrent moins l’intolérable. 

Le volet prévention demeure un aspect important de notre mission. Il faut poursuivre la bataille contre les mythes et les préjugés qui sont tenaces et qui ont tendance à changer de forme, mais non à se dissoudre complètement. Nous investissons beaucoup d’énergie à développer de nouveaux outils de sensibilisation.

Le travail soutenu de prévention auprès des communautés autochtones s’est avéré efficace, dans la mesure où une partie importante de femmes fréquentant le Centre d’aide est de culture autochtone. Ce taux de fréquentation est toutefois à la baisse, puisque les communautés ont pris en main les problèmes sociaux que vivent leurs membres. Le rôle d’Assaut sexuel secours est maintenant davantage axé sur l’appui aux groupes autochtones, comparativement à l’aide individuelle.

  

Depuis son implantation, Assaut sexuel secours s’est impliqué à plusieurs niveaux pour lutter contre les inégalités vécues par les femmes et les enfants. À ce chapitre, mentionnons la mise sur pied du groupe Espace Abitibi-Est, qui est un programme de prévention de la violence faite aux enfants. Les luttes sont nombreuses: contre la pornographie, pour le droit à l’avortement, pour lutter contre la pauvreté ou, encore, pour dénoncer les dédales de notre système judiciaire. Le Centre d’aide est également là pour organiser la Journée d’action contre la violence faite aux femmes, qui a lieu chaque année le 3e vendredi du mois de septembre, et pour participer à l’organisation de la Journée internationale des femmes (8 mars), pour n'en nommer que quelques unes.

Toutes ces réalisations n’auraient pu voir le jour sans l’implication de centaines de femmes, qui se sont investies entièrement pour porter la cause sur la place publique. Ces femmes militantes ont dénoncé, années après années, les injustices et elles ont réclamé haut et fort des changements sociaux en profondeur, afin de faire avancer l’ensemble de la problématique de la violence sexuelle. Ce sont des milliers d’heures de bénévolat qui permettent l’accès à un service d’aide 24 heures. Nous tenons à lever notre “ sacoche ” à toutes ces femmes militantes et travailleuses, d’hier et d’aujourd’hui, sans qui rien n’aurait été possible.

Ce n’est qu’un début, continuons le combat…Cette phrase scandée durant les grands rassemblements populaires au début des années ’80 est toujours d’actualité, la lutte se poursuit…